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La Turquie Orientale
Si la Turquie est communément reconnue au carrefour de deux continents et de plusieurs civilisations, sa partie orientale en est la charnière évidente. Puissant massif montagneux au relief accidenté, elle est déjà profondément différente du reste du pays par ses paysages. En outre tout ici annonce la transition vers d'autres mondes où le temps, les rapports avec la nature et la façon d'exister n'ont plus la même signification que partout ailleurs. Pourtant, malgré leur faible densité démographique les hameaux ont su garder leur mode de vie et leurs traditions.

Vestiges des civilisations ourartéenne, romaine ou perse, monastères arméniens, mosquées et caravansérails Seldjoukides, villes à l'ambiance déjà arabe, les époques de même que les paysages se succèdent ici avec d'infinies variantes. Une parenthèse hors du temps dans un pays cosmopolite. Eglises et monastères élevés un peu partout sont les témoins du
développement intense ici comme nul part ailleurs du christianisme. Grands bâtisseurs d'églises, les Arméniens ont laissé de nombreux monuments surtout dans la ville d'Ani, l'ancienne capitale arménienne. Toutes les grandes villes du sultanat ont vu fleurir dans leurs murs mosquées, médresses et mausolées aux portails et minarets finement sculptés. L'Est de la Turquie possède la plus grande concentration d'édifices de l'époque Seldjoukide...

La Turquie est essentiellement un pays de montagnes dont le plus haut sommet, le mont Ararat, culmine à 5 165 mètres (sur lequel se trouve selon la légende, l'Arche de Noé). L’Anatolie est une région de hauts plateaux s’élevant progressivement vers l’est et coupée de vallées profondes d’une quinzaine de fleuves, dont le Tigre et l’Euphrate. On y trouve de nombreux lacs dont certains comme le lac de Van, sont aussi grands qu’une mer intérieure. Nous sommes là dans la Turquie orientale montagneuse.

Cette immense région comprend toute la partie est du plateau anatolien jusqu'aux frontières de la Géorgie, l'Arménie, de Nahcevan et de l'Iran. L'altitude étant plus élevée, les hivers
sont rigoureux et les étés courts, les villes sont espacées les unes des autres. Le pastoralisme estival est l’une des activités agricoles développées dans la région du Lac de Van et des massifs montagneux alentours.

Le nomadisme est le mode de vie des sociétés non sédentarisées se déplaçant continuellement suivant les saisons et dont la subsistance dépend de la chasse, de la cueillette et de l’élevage. Un aspect important du pastoral nomade est l’estivage.
Le sociologue Ziya Gökalp écrit ainsi dans son ouvrage intitulé « L’histoire de la Civilisation turque » :
« Chaque tribu turque avait à la fois une rivière et une montagne. Elle hivernait au bord de ce cours d’eau et estivait dans la montagne. Les nomades passaient parfois les quatre saisons de l’année dans quatre endroits différents. Certaines tribus se déplaçaient deux fois par an : Alpage et hivernage. »

L'histoire de cette contrée, longue et mouvementée, a aussi légué les monuments des civilisations qui s'y succédèrent : les églises et les monastères byzantins, les mausolées et les caravansérails seldjoukides, les élégantes mosquées et citadelles ottomanes.

La Turquie, à cheval sur le Bosphore et les Dardanelles, a un pied en Europe et l'autre en Asie. C'est le croisement des traditions comme des religions. Son histoire mouvementée se mélange au présent. Combien de cultures et de civilisations s'y sont succédées, de l'empire Hittite à l'empire Ottoman. C'est de la mixité que la Turquie tire toute sa richesse.

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